Comment choisir un hybride ?

Au début des années 2000, un nouveau type de club voyait le jour, à mi chemin entre un bois de parcours et un fer, d’où son nom, l’hybride.

Ces hybrides ont été conçus avec un objectif bien précis : remplacer les longs fers, devenus trop difficiles à taper.

On peut se poser la question du pourquoi.

Très clairement, quand on regarde de près l’évolution des lofts sur les fers depuis les années 90, on remarque que tous les grands fabricants ont progressivement fermé les lofts. Ainsi un fer 7 faisait en moyenne 40° dans les années 80, 36° dans les années 90 … aujourd’hui la moyenne sur le PGA est de 34° mais la grande majorité des fers 7 vendus aux amateurs se situe à 31°. Certains fabricants proposent en 2020 des fers 7 à 27°.

Cette fermeture des lofts est la raison numéro 1 pour laquelle les fers 2,3,4 et bientôt 5 ont disparu des sacs de beaucoup de joueurs amateurs. Sur le LPGA, il est fréquent désormais de voir des joueuses de haut niveau avoir un ou deux hybrides dans leur sac.

Alors la question se pose : comment choisir un (ou deux) hybrides ?

La première chose à regarder est le loft de votre fer le plus fermé. Il est préférable de le faire mesurer précisément car il existe des marges de tolérance de fabrication, toutes marques confondues.

Admettons que vous souhaitez vous arréter à votre fer 6 : il mesure 28° de loft.

Afin d’assurer un écart de distance convenable entre ce fer 6 et votre hybride, je recommande un écart de loft de 3 à 4°.

Il vous faut donc un hybride de 25 ou 24° de loft. Attention ! C’est bien le loft qui vous intéresse, par le numéro de l’hybride . Car un hybride numéro 5 peut avoir un loft qui varie de plusieurs degrés en fonction des marques et des modèles. Donc, choisissez un loft et pas un numéro.

La deuxième chose à regarder est la longueur de votre hybride. Rappelez vous qu’un hybride a pour vocation de remplacer un fer, il doit donc avoir la même longueur que le fer qu’il remplace.

Exemple : votre fer 6 mesure 37,5 ». Votre hybride 5 devrait donc mesurer 38 », voire 38,5 ».

Or, la tendance de certaines marques aujourd’hui est de fabriquer des hybrides rallongés. Certes on va vous dire que vous allez gagner en distance mais est ce le but ? Si vous perdez en contrôle (ce qui fait tout le charme d’un hybride) est ce le bon choix ?

Troisième point clé, le poids du shaft. Certes, l’acier a disparu sur les hybrides (même s’il est possible d’en fabriquer) mais soyez vigilant encore une fois à ne pas trop vous éloigner du poids de vos fers, pour assurer des sensations cohérentes.

Ainsi, si le shaft de votre fer 6 pèse 105 grammes, allez chercher un shaft d’hybride entre 85 et 95 grammes.

A propos du shaft, le flex doit être aussi en conformité avec vos fers mais il n’existe aucune cohérence sur ce sujet de fabricant à fabricant : ainsi un « Regular » d’un modèle X peut correspondre à un « Stiff » d’un modèle Y, voire un « senior » d’un modèle Z.

Ce qui compte, c’est la notion de profil de flexion de shaft (bend profile). Un clubfitter experimenté pourra vous aider à sélectionner un shaft d’hybride ayant un profil similaire, ou très proche, de vos fers.

La notion d’équilibre de l’hybride est aussi très importante : ici encore, on recherchera un hybride avec un équilibrage proche de votre fer le plus fermé, pour assurer une parfaite cohérence de sensations.

Enfin, soyez attentif à la hauteur de la face de l’hybride : elle peut être basse (« shallow ») ou haute (« deep »). Une face « shallow » aura un centre de gravité très bas ce qui permettra de favoriser des trajectoires hautes et sera plus facile à jouer sur herbe. Une face « deep » conviendra surtout pour des mises en jeu sur tee. Cela vaut également pour des bois de parcours !

Pour toute question : arnaud@33golflab.com

Les clubs pour femmes : le sur mesure n’est pas réservé aux pros !

lpgaSelon les chiffres 2018 de la FFG, il y a 112 938 joueuses licenciées, un chiffre en légère progression sur les dix dernières années.

Les tranches d’âge sont les suivantes :

moins de 18 ans : 11 278

19 à 25 ans : 1 928

26 à 55 ans : 30 574

plus de 55 ans : 69 158

J’ai commencé la pratique du golf dans les années 80 et il ne fait nul doute dans mon esprit aujourd’hui, en tant que clubfitteur et clubmaker, que le matériel et son évolution a permis à de nombreuses femmes de se mettre à jouer au golf et progresser plus rapidement. Et aussi à prendre plus de plaisir.

Cette évolution s’est portée :

  • vers des têtes de fers « cavity back » ou « game improvement » avec un plus grand MOI (Moment d’Inertie) et un centre de gravité plus bas, mais cette évolution a été la même chez les hommes
  • vers l’emploi d’hybrides pour remplacer les longs fers, mais cette évolution a été sensiblement la même chez les hommes
  • vers des shafts en graphite de plus en plus légers et de plus en plus souples

Lorsque l’on fait une recherche sur Google sur le matériel de golf pour femmes, c’est toujours le même scénario qui ressort : des clubs « plus courts, plus légers, plus souples ».

Si ce scénario peut convenir à beaucoup de femmes, j’ai la certitude qu’il ne convient pas pour beaucoup d’autres femmes, et la lecture de ce que jouent les meilleures joueuses du LPGA permet rapidement de le confirmer. Continue reading « Les clubs pour femmes : le sur mesure n’est pas réservé aux pros ! »

Optimisation du driver

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Optimisez vous votre driver ?

Cet article a pour objectif de vous aider à répondre à cette question que se posent de nombreux golfeurs, du point de vue bien sûr du clubmaker et donc du matériel.

Je ne saurai trop remercier l’expert et vétéran Tom WISHON (47 ans d’expertise en matériel de golf) qui m’a permis d’éclaircir certains points.

Pour démarrer, nous allons nous appuyer sur les données TRACKMAN qui répertorient, pour des vitesses de swing données, des données importantes d’optimisation : Continue reading « Optimisation du driver »

De la bonne longueur de vos clubs

Trou n°4, St Emilion, Mars 2016.
Trou n°4, St Emilion, Mars 2016.

Lors d’un fitting, la première variable à analyser selon moi est la longueur des clubs.

En effet, trouver la bonne longueur pour un golfeur aura une incidence sur :

  • la posture, qui se doit d’être aussi athlétique que possible
  • l’équilibre du club : un club raccourci va perdre du poids en tête et un club rallongé va prendre du poids en tête.Par exemple : pour un demi inch en moins, c’est 3 points de swingweight en moins
  • le lie : l’angle formé par la semelle du club avec le sol
  • la flexibilité du shaft : un club raccourci sera plus rigide et un club rallongé sera plus souple

J’ai récemment eu en fitting un golfeur qui s’était fait raccourcir ses clubs d’un pouce sans avoir été re-équilibrés. Conséquence : des clubs beaucoup trop légers en tête et avec des shafts trop raides, entrainant des problèmes de tempo et de régularité (dispersion des coups).

Continue reading « De la bonne longueur de vos clubs »

STERLINGS : l’heure du bilan !

Voici déjà deux ans que les clubs STERLINGS, série de fers à taille unique , sont sortis sur le marché. Et le succès est au rendez-vous dans de nombreux pays !

Deux ans et l’occasion pour nous de dresser un premier bilan, basé sur l’observation (en fitting) mais surtout les retours d’expérience des nombreux golfeurs venus nous voir pour le montage de leur série sur mesure.

1 Les avantages des fers STERLINGS (Tom WISHON) taille unique 

  • simplification considérable du swing avec toujours le même plan de swing, la même posture, la même position de la balle dans le stance, le même chemin de club et le même angle d’attaque. Donc un swing beaucoup plus répétitif. Comme le montre le dessin ci-dessous :

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Le driver parfait n’existe pas

 

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Bon, le titre n’est peut être pas le meilleur : le driver parfait peut exister, mais cela demanderait à un clubmaker de tester environ 1,5 millions de combinaisons possibles pour un golfeur en particulier.

Nous ferons le calcul plus tard.

Mais tout d’abord, qu’est ce qu’un driver parfait ? Après tout, y a t-il un vin parfait ? Un swing de golf parfait ? Une parfaite entreprise où travailler ?

Cela peut sembler trivial mais c’est précisément là où les choses sont si difficiles lors d’un fitting.

Mais disons, pour simplifier, que le driver parfait serait celui qui envoie la balle le plus loin, et le plus droit. On peut penser que ce serait la réponse de 95% des golfeurs, et que seuls une poignée répondraient « celui avec lequel je peux donner des effets à la balle » ou « celui qui donne le plus de roule » ou « celui qui a le meilleur son à l’impact ».

Retour au calcul des combinaisons.

Après 7 ans de fitting et de clubmaking pour des golfeurs de tous horizons et tous niveaux, je peux affirmer sans hésiter que le driver est le club le plus dur à fitter. Continue reading « Le driver parfait n’existe pas »

Peut on encore parler de shaft en « graphite » ?

Il serait trop long et fastidieux ici de rappeler toutes les évolutions des shafts, mais pour aller à l’essentiel :

> les shafts en bois « hickory » ont régné sur le golf jusqu’à la fin des années 1920.

> à partir des années 30, l’acier devient prédominant, introduit par la société APOLLO qui fabriquait des cannes à pêche. TRUE TEMPER devient ensuite le leader de ce marché.

> les premiers shafts en graphite remontent au début des années 70. C’est Frank Thomas, ingénieur chez SHAKESPEARE SPORTING GOODS COMPANY qui lança les premiers modèles.

> En 1972, un ingénieur aéronautique, James Flood, lance sa version graphite et la marque ALDILA voit le jour.

> A la fin des années 70, les shafts en graphite deviennent très populaires mais doivent leur survie à l’introduction du boron qui vont permettre de stabiliser le torque (résistance à la torsion) qui était la grande faiblesse du graphite par rapport à l’acier.

> Depuis les années 2000, le graphite est devenu le matériau de référence dans les bois, mais l’acier reste prédominant dans les fers et les wedges

Mais au fait, comment fabrique t-on un shaft « graphite » ? Continue reading « Peut on encore parler de shaft en « graphite » ? »

Le 15ème club

Article rédigé par Clément DUBOURG, opticien (et golfeur passionné).

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Cela semble une évidence, mais rappelons le : le golf est un sport de cible. Certes la technique et le mental ont leur importance mais il reste un jeu d’adresse où la vue est sollicitée à chaque instant, notamment sur les greens lors de la lecture des pentes. Il est donc important de bien voir pour mieux jouer ou simplement profiter de la beauté du parcours le jour où le swing nous abandonne.

Vous ne l’avez peut être pas remarqué en regardant les tournois à la télévision, que ce soit le PGA, EPGA, LPGA ou le champions Tour, mais il est rarissime de voir un ou une joueuse pro avec des lunettes. Quelques exceptions notables cependant  : Kenny Perry, Hale Irwin ou encore Padraig Harrigton.

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Une étude de l’INSEE de 2012 nous dit pourtant que deux français sur trois portent des lunettes correctrices :

90% +55ans

49% 18-54ans

On peut alors se poser 3 questions:

– les joueurs se privent d’une vision performante ?

– ils portent des lentilles de contact ?

– ils ont subit une opération au laser ? Continue reading « Le 15ème club »

S’améliorer au driving : regardez le LPGA plutôt que le PGA …

lpga

 

 

 

 

L’autre jour à une remise des prix, section « gagnant du concours de drive » (sur un par 4 de 350 mètres) une femme s’est vue remettre le prix. Pendant que j’applaudissais sur sa distance (225 mètres) j’ai entendu cette phrase sarcastique d’un homme juste à côté de moi : « 225 mètres … du green! ».

J’aurais aimé avoir à ce moment là les tableaux tirés d’une étude effectuée pendant l’année 2015 par TRACKMAN sur le LPGA, le PGA et 1000 joueurs amateurs que je vais vous décortiquer ici !

Continue reading « S’améliorer au driving : regardez le LPGA plutôt que le PGA … »

Conversations avec Tom WISHON (1)

Tom Whishon, club builder and fitter
Tom Whishon, club builder and fitter

 

 

 

 

 

 

Depuis mes débuts de Clubmaker, j’entretiens pas mal de correspondances avec celui que je considère comme la personne la plus compétente en équipement de golf (42 ans de clubmaking au plus haut niveau, designer de têtes et de shafts couronnés régulièrement aux USA et en Grande Bretagne, écrivain, conférencier), je veux parler bien sûr de Tom WISHON.

Je vous livre ici des extraits de cette correspondance, regroupés sur la thématique du DRIVER … que j’ai pris le soin de traduire en Français. vos commentaires sont les bienvenus, bonne lecture !

Arnaud : Tom, je viens juste de lire ton article sur les mythes à propos de shafts « low spin, high launch ». Si je suis ton raisonnement, cela n’existe pas ? Donc un shaft ne peut être que low launch/ low spin OU high launch/high spin ?

Tom : les shafts peuvent aller de low/low à high/high sur une échelle assez importante, mais du point de vue de la conception du profil d’un shaft, on ne peut pas créer un shaft high/low ou low/high. La raison tient à la façon dont un shaft se tord vers l’avant durant le downswing. Le shaft se tord sur toute sa longueur dans une courbe continue. Si le shaft est plus rigide il se tordra moins vers l’avant ce qui diminuera le loft dynamique à l’impact ; si le shaft est plus souple il se tordra davantage vers l’avant et augmentera le loft dynamique à l’impact. Tu ne peux pas avoir un shaft qui augmente le launch et baisse le spin en même temps et vice versa ! Continue reading « Conversations avec Tom WISHON (1) »