Choisir un driver

Le driver est sans nul doute le club qui fait l’objet de la plus grande « publicité » de la part des fabricants. Cela s’explique en grande partie par toute la symbolique de la « virilité » ou « puissance » auquel il se rapporte , étant censé être le club capable d’envoyer une balle le plus loin possible. Les fabricants se livrant depuis longtemps à une bataille sans merci sur ce créneau, nous avons droit chaque année à une nouvelle « avancée » technologique, plus ou moins compréhensible de la plus grande majorité des golfeurs … quand ce n’est pas uniquement du jargon marketing censé augmenter le désir (qui se souvient des têtes « carrées » ? ).

Notre objectif ici est de démystifier ce club si complexe et essayer de vous simplifier la compréhension des quelques éléments clés à prendre en considération dans le choix d’une tête de driver (les autres éléments clés que sont le shaft, la longueur, l’équilibre, le poids … sont évoqués dans d’autres rubriques et articles du site).

Ces éléments clés (pas forcément indépendants, l’un pouvant jouer sur un autre) sont au nombre de 10 :

  • les matériaux utilisés
  • les formes (ou « design ») et les dimensions légales
  • le volume
  • le « bulge » et le « roll »
  • le Moment d’Inertie de la tête
  • le Coefficient de restitution (ou C.O.R)
  • le loft et le lie
  • l’angle de la face
  • l’offset
  • le centre de gravité (parfois appelé « sweetspot »)

 

1) Matériaux utilisés

L’introduction du titane à la fin des années 90 a été sans doute LA plus grande avancée technologique, jamais dépassée depuis. Ce matériau offrant une grande légèreté couplée à une grande résistance et un COR très élevé (voir plus loin) a permis de fabriquer des têtes d’un volume toujours plus grand, plus faciles à jouer, jusqu’à ce que l’USGA décide de définir une limite à 460cc. On trouve aujourd’hui dans le commerce des têtes illégales affichant ainsi un volume de 500 voire 600cc mais conservant un poids d’environ 200 grammes, « norme » de poids standard pour une tête de driver.

La majorité des drivers sont en principe fabriqués en deux pièces : la face et la couronne.

Les faces sont en général en Beta-Ti, 6-4 Ti, ou SP700 BetaTi.

La couronne est en principe en « grade 9 Ti », plus souple, permettant de mieux travailler les contours à la fabrication.

La face est ensuite soudée à la couronne soit par « Arc welding » soit par « plasma welding », la deuxième méthode étant de meilleure qualité, plus fine et plus résistante.

 

2) Les formes et dimensions

2,1 les formes

On trouve quatre grandes formes de driver :

  • ronde
  • en forme de poire (« pear »)
  • en forme triangulaire (popularisée par le Titleist 907D1)
  • en forme carrée (popularisée par le Nike Sumo)

Les deux dernières, lancées il y a quelques années, ont quasiment disparu. Ce sont donc les deux premières que l’on retrouve majoritairement aujourd’hui, et sans doute pour encore très longtemps, tant les lois de la physique font qu’elles permettent une circulation fluide, « aérodynamique » qui apparaît difficile à dépasser.

2,2 Dimensions

l’USGA et le R&A ont défini un cadre très strict que les fabricants doivent respecter.

La mesure se fait avec un driver posé à un angle (lie) de 60°. A partir de là :

  • la distance du talon à la pointe ne peut dépasser 5 inches
  • la distance du talon à la pointe doit être supérieure à la distance de la face à l’arrière.
  • La hauteur (de la base jusqu’en haut de la tête) ne doit pas dépasser 2,8 inches

 

3) le Volume

Deuxième grande avancée considérable de ces dernières années, et liée bien sûr à l’emploi du Titane.

Le volume maximum autorisé aujourd’hui est de 460cc.

Ce volume permet une surface plus grande, facilitant la frappe (augmentation du « M.O.I », voir plus loin) et pouvant aussi mettre davantage en confiance des débutants ou joueurs ayant « peur » de se servir d’un driver.

Néanmoins, il y a une contrepartie : plus le volume est important, et moins la face devient « manoeuvrable » pour des effets voulus (droite / gauche). Raison pour laquelle de nombreux Pros sont revenus à des têtes de driver d’un volume compris entre 400 et 440cc.

 

4) le « roll » et le « bulge »

Les faces de drivers ne sont pas plates, vous l’aurez remarqué. Elles sont bombées de bas en haut, c’est ce qu’on appelle le « ROLL », et bombées de la pointe à la semelle, c’est ce qu’on appelle le « BULGE».

 
Les drivers actuels ont un bulge et un roll d’environ 10°.

Le BULGE est un élément intéressant à comprendre, lié à ce qu’on appelle aussi le « gear effect » (effet d’engrenage).

Grâce au bulge, une balle tapée à la pointe aura un effet de hook minimisé (si la face avait été plate) et inversement, une balle frappée au talon aura un effet de slice minimisé.

Les effets du Roll sont davantage discutés par les spécialistes, mais en théorie, il joue sur la compensation d’un effet de backspin qui sera « optimisé » selon que l’on tape la balle en dessous du centre de gravité vertical (moins de loft pour compenser trop de backspin). Inversement, en tapant sur le dessus de la face la perte en backspin sera compensée par plus de loft.

5) Le Moment d’inertie de la tête

Pour ce paramètre, reportez vous à notre vidéo consacrée au M.O.I :

https://www.youtube.com/watch?v=m4toCwBMBt8

 

6) le Coefficient de restitution (ou C.O.R)

Pour ce paramètre, reportez vous à notre article :

http://33golflab.com/wp/2014/01/coefficient-restitution-cor/

 

7) Le loft et le lie

Le loft est un élément crucial à prendre en considération lors du choix d’un driver. Pendant de nombreuses années, et encore aujourd’hui, il était courant de penser que « plus le loft est faible et plus on va loin ». Cela est vrai … jusqu’à une certaine limite. Cette limite a parfaitement été démontrée par Tom Wishon dans ses fameux « 12 mythes » où il explique que le choix du loft doit se faire en fonction de sa vitesse de swing.

Plus récemment, les données recencées par TRACKMAN ont permis de vérifier les propos de Tom Wishon, en démontrant qu’il faut générer une vitesse de club d’au moins 95mph pour bénéficier d’un loft de 10° (standard du marché). Or, la plupart des golfeurs ont une vitesse inférieure à 90mph (les femmes sont entre 60 et 70mph) et ont donc, majoritairement, besoin de plus de loft pour optimiser leur portée de balle au driver.

Et même les pros, qui jouaient des drivers de 8° en moyenne dans les années 90, en reviennent aujourd’hui à des lofts plus élevés, allant jusqu’à 11 voire 12°.

La vitesse de swing est une donnée clé mais n’est pas suffisante pour connaître son « loft optimal ». Ici aussi, l’aide de TRACKMAN au cours de ces dernières années a montré que l’angle d’attaque avait un rôle crucial sur le choix du loft.

Nous vous donnons ici un tableau synthétique réalisé par un clubfitter certifié WISHON qui a le mérite de simplifier grandement notre propos !

 

Loft optimum

Vitesse de club

Angle d’attaque

Driver Loft

Portée moyenne (mètres)

70 mph

neutre

22

155

75 mph

neutre

17

170

80 mph

neutre

15

185

85 mph

neutre

14

198

90 mph

neutre

12

211

95 mph

neutre

11.5

223

100 mph

neutre

11

235

110 mph

neutre

9

255

115 mph

neutre

8.5

265

120 mph

neutre

8

275

Nota Bene :les données ici sont présentées avec un AoA (angle d’attaque) de zéro (neutre).

La règle de base est la suivante :

– pour un degré d’AoA descendant, rajoutez UN degré à votre loft optimal.

– pour un degré d’AoA remontant, enlevez un degré de loft optimal.

Exemple :

Votre vitesse de club est de 100mph, AoA descendant de -2°

Loft optimum = 11 + 2 = 13°

Dernière chose importante à signaler sur le loft : plus il est fermé, et plus les effets de direction (slice, hook) seront marqués. Un loft plus élevé permet de garder une balle plus droite ! Autre raison pour laquelle les pros du tour préfèrent désormais jouer des lofts plus élevés …

 

Le « lie » est l’angle formé lorsque le centre du driver repose au sol en relation avec le centre du hosel (voir schéma).

Ce paramètre, crucial en termes de direction sur les fers (notamment du 7 aux wedges), l’est beaucoup moins sur un driver. En effet, le faible loft n’aura qu’une petite incidence sur la direction (gauche ou droite).

En pratique, seuls des golfeurs très petits ou très grands auront intérêt cependant à avoir un lie bien ajusté sur leur driver. A ce jour, Tom Wishon est le seul à proposer des têtes de drivers avec un hosel en acier doux permettant d’être « tordu » (plus upright ou plus flat) de quelques degrés. 

 

8) L’angle de la face de club

Voici un paramètre important mais souvent méconnu de beaucoup de golfeurs.

La face dun driver (ainsi que les bois de parcours et certains hybrides) peut en effet être ajustée : de « square » (face perpendiculaire à la ligne) à « ouvert » et « fermé » (parfois appelé « draw »).

 

driver face positions

 

Les données récentes générées grâce au TRACKMAN ont ainsi démontré que l’angle de la face de club à l’impact pour un driver est responsable à 95% de la trajectoire finale de la balle (à droite ou à gauche).

Or, il est un fait que les « grosses » têtes de 460cc actuelles sont plus difficiles à retourner « square » à l’impact pour un golfeur moyen.

En outre, il a été démontré que 1° de face (fermée ou ouverte) permettait, pour un coup envoyé à environ 200 mètres, de corriger une trajectoire de 5 bons mètres.

Si vous êtes dans le cas d’un golfeur au « slice » dominant, difficile à combattre, une face fermée de 2° peut donc vous réduire votre slice de 10 bons mètres.

A l’inverse, la majorité des pros ont, eux, des faces « ouvertes » de 1° à 3°, leur tendance étant de donner trop de « draw » à la balle.

9) Offset

Voici un autre paramètre méconnu, mais qui peut également aider à retourner une face « square » à l’impact plus facilement. Couplé à une face « fermée », il devient un vrai remède « anti slice » pour la majorité des golfeurs. Nous proposons des modèles avec offset comme le ALPHA RSP Launch qui est l’exemple type d’une tête facile à taper et qui convient à beaucoup de séniors notamment (face fermée et loft ouvert sont deux autres de ses caractéristiques clés).

rsp_launch_topdown_360x360_1024x1024Alpha RSP Launch

 

10) Le centre de gravité

Dernier paramètre (et non des moindres!) , le centre de gravité de la tête de driver, qui peut varier grandement d’une tête à une autre. C’est pourtant lui le fameux « sweetspot » dont parlent certains fabricants … et qui, contrairement à beaucoup de « fausse » publicité, ne peut pas être agrandi  ou « élargi » comme ils le prétendent !

Donc, la prochaine fois qu’un vendeur vous vante un driver au « sweetspot élargi », demandez lui exactement de quoi il parle : sa réaction risque d’être assez confuse …

Où se situe le centre de gravité d’une tête  ?

Pour le localiser il faut réfléchir en 3 dimensions.

Il est quelque part à l’intérieur de la tête, à l’intersection du CG vertical (de haut en bas), du CG horizontal (de la pointe au talon), et du CG « en profondeur » (de l’avant à l’arrière)

Sans rentrer dans les détails les fabricants peuvent donc manipuler ces trois variables :

 

– le CG vertical a une influence sur le backspin

– le CG horizontal a une influence sur le « sidespin »

– le CG « en profondeur » a une influence sur le Moment d’Inertie de la tête

 

Pour toute question relative à ce sujet, n’hésitez pas à nous contacter !

Ci dessous quelques têtes « cultes » disponibles chez 33 GOLFLAB :

 

> 919THI byTom WISHON

Ce modèle est sans nul doute celui qui permet la plus grande customisation possible sur une tête de driver, grâce à un procédé de fabrication unique permettant de fitter au mieux le golfeur sur le loft, le lie, et l’angle de la face (+/- 4° dans toutes les directions). AUCUN autre modèle de driver à manche ajustable ne peut arriver à autant de précision sur ces trois paramètres.

En outre, Tom Wishon est très attentif pour que chaque tête soit vérifiée avant livraison pour qu’elle atteigne le COR maximum de 0.830.

> Le NO BRAINER by GEEK

voir notre article consacré à cette tête de « long drive »  au look unique qui permet notamment, pour des joueurs à grande vitesse de swing (> à 90mph), de réduire considérablement le launch et le spin, avec un M.O.I très important pour une tête aussi compacte :

http://33golflab.com/wp/2013/04/no-brainer-driver-partie-1/

 

no_brainer

 

> Le désormais culte DCT « DOT COM THIS » (record de long drive en France à ce jour) , dont on parle encore et toujours sur tous les forums de long drive … Tête « low spin » compacte de 450cc, avec un centre de gravité bas et en avant avec une face forgée et un impact très doux que je n’ai jamais trouvé ailleurs ! Disponible de 6° à 14° de loft, en version noire ou blanche.

 

 

 

> ORKA GOLF

Basée au Royaume Uni, ORKA s’est rapidement fait un nom et une excellente réputation auprès des meilleurs clubmakers et clubfitters en Europe.

Nous recommandons le GS5 (disponible en 10,12 et 14° de loft) pour des joueurs cherchant à « porter » davantage la balle en l’air. Son centre de gravité haut et très en arrière permet un M.O.I très important, réduisant considérablement la dispersion sur des coups décentrés.

orka_driver_GS5

 

 

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