Choisir un driver

Le driver est sans nul doute le club qui fait l’objet de la plus grande « publicité » de la part des fabricants. Cela s’explique en grande partie par toute la symbolique de la « virilité » ou « puissance » auquel il se rapporte , étant censé être le club capable d’envoyer une balle le plus loin possible. Les fabricants se livrant depuis longtemps à une bataille sans merci sur ce créneau, nous avons droit chaque année à une nouvelle « avancée » technologique, plus ou moins compréhensible de la plus grande majorité des golfeurs … quand ce n’est pas uniquement du jargon marketing censé augmenter le désir (qui se souvient des têtes « carrées » ? ).

Notre objectif ici est de démystifier ce club si complexe et essayer de vous simplifier la compréhension des quelques éléments clés à prendre en considération dans le choix d’une tête de driver (les autres éléments clés que sont le shaft, la longueur, l’équilibre, le poids … sont évoqués dans d’autres rubriques et articles du site).

Ces éléments clés sont les suivants :

1) Matériaux utilisés

La majorité des drivers sont en principe fabriqués en deux pièces : la face et la couronne.

Les faces sont en général en Beta-Ti, 6-4 Ti, ou SP700 BetaTi.

La couronne est en principe en « grade 9 Ti », plus souple, permettant de mieux travailler les contours à la fabrication.

2) Les formes et dimensions

2,1 les formes

On trouve quatre grandes formes de driver :

  • ronde
  • en forme de poire (« pear »)
  • en forme triangulaire (popularisée par le Titleist 907D1)
  • en forme carrée (popularisée par le Nike Sumo)

Les deux dernières, lancées il y a quelques années, ont quasiment disparu. Ce sont donc les deux premières que l’on retrouve majoritairement aujourd’hui, et sans doute pour encore très longtemps, tant les lois de la physique font qu’elles permettent une circulation fluide, « aérodynamique » qui apparaît difficile à dépasser.

2,2 Dimensions

l’USGA et le R&A ont défini un cadre très strict que les fabricants doivent respecter.

La mesure se fait avec un driver posé à un angle (lie) d’environ 60°. A partir de là :

  • la distance du talon à la pointe ne peut dépasser 5 inches
  • la distance du talon à la pointe doit être supérieure à la distance de la face à l’arrière.
  • La hauteur (de la base jusqu’en haut de la tête) ne doit pas dépasser 2,8 inches

3) le Volume

Le volume maximum autorisé aujourd’hui est de 460cc.

Ce volume permet une surface plus grande, facilitant la frappe (augmentation du « M.O.I », voir plus loin) et pouvant aussi mettre davantage en confiance des débutants ou joueurs ayant « peur » de se servir d’un driver.

Néanmoins, il y a une contrepartie : plus le volume est important, et moins la face devient « manoeuvrable » pour des effets voulus (droite / gauche). Raison pour laquelle de nombreux joueurs et fabricants (comme Tom WISHON et son modèle 519SHPR, sorti en 2020) sont revenus à des têtes de driver d’un volume compris entre 400 et 440cc.

4) le Coefficient de restitution (ou C.O.R)

Pour ce paramètre, reportez vous à notre article :

http://33golflab.com/wp/2014/01/coefficient-restitution-cor/

 

5) Le loft et le lie

Le loft est un élément CRUCIAL à prendre en considération lors du choix d’un driver. Pendant de nombreuses années, et encore aujourd’hui, il était courant de penser que « plus le loft est faible et plus on va loin ». Cela est vrai … jusqu’à une certaine limite. Cette limite a parfaitement été démontrée par Tom Wishon dans ses fameux « 12 mythes » où il explique que le choix du loft doit se faire en fonction de sa vitesse de swing et de son angle d’attaque.

Plus récemment, les données recencées par TRACKMAN ont permis de vérifier les propos de Tom Wishon, en démontrant qu’il faut générer une vitesse de club d’au moins 95mph pour bénéficier d’un loft de 10.5° (standard du marché). Or, la plupart des golfeurs amateurs ont une vitesse inférieure à 90mph et ont donc, majoritairement, besoin de plus de loft pour optimiser leur portée de balle au driver. Mais, c’est un message bien difficile à faire passer …

Le « lie » est l’angle formé lorsque le centre du driver repose au sol en relation avec le centre du hosel (voir schéma).

Ce paramètre, crucial en termes de direction sur les fers  l’est beaucoup moins sur un driver. 

En pratique, seuls des golfeurs très petits ou très grands auront intérêt cependant à avoir un lie bien ajusté sur leur driver. A ce jour et à ma connaissance, Tom Wishon est le seul à proposer des têtes de drivers avec un hosel en acier doux permettant d’être « tordu » (plus upright ou plus flat) de quelques degrés. 

 

6) L’angle de la face de club

Voici un paramètre important mais souvent méconnu de beaucoup de golfeurs.

La face d’un driver (ainsi que les bois de parcours et certains hybrides) peut en effet être ajustée : de « square » (face perpendiculaire à la ligne) à « ouvert » et « fermé » (parfois appelé « draw »).

 

driver face positions

 

 

Il a été démontré que 1° de face (fermée ou ouverte) permettait, pour un coup envoyé à environ 200 mètres, de corriger une trajectoire de 5 bons mètres.

Si vous êtes dans le cas d’un golfeur au « slice » dominant, difficile à combattre, une face fermée de 2° à 3° peut donc vous réduire votre slice de 10 bons mètres. Dans mon cas par exemple, je joue un driver avec une face square depuis de nombreuses années. Mais avec l’âge et le manque de pratique, j’ai en ce moment une tendance au « hook » très prononcée. J’aurai donc besoin, quand j’aurai le temps de m’en occuper, d’une face ouverte de 2 ou 3°

 

7) Le centre de gravité

Dernier paramètre , le centre de gravité de la tête de driver, qui peut varier d’une tête à une autre. C’est pourtant lui le fameux « sweetspot » dont parlent certains fabricants … et qui, contrairement à beaucoup de « fausse » publicité, ne peut pas être agrandi  ou « élargi » comme ils le prétendent ! Mais ici aussi, la publicité et le matraquage publicitaire ont fini par faire rentrer ce concept à des millions de golfeurs. Car c’est du bon sens dont il s’agit encore une fois :

Où se situe le centre de gravité d’une tête  ?

Pour le localiser il faut réfléchir en 3 dimensions.

Il est quelque part à l’intérieur de la tête, à l’intersection du CG vertical (de haut en bas), du CG horizontal (de la pointe au talon), et du CG « en profondeur » (de l’avant à l’arrière)